Il y a des infrastructures qui, lorsqu’elles entrent en service, donnent soudain à voir des années de travail, de planification et de choix collectifs. Le tram lausannois est de celles-là.
Après cinq années d’un chantier particulièrement exigeant pour les riveraines et riverains, les commerces et toutes celles et ceux qui empruntent quotidiennement cet axe, nous allons enfin mesurer concrètement ce que cette infrastructure apporte : une liaison rapide, régulière et capacitaire au cœur d’une agglomération qui continue de se développer.
Le tram est aussi bien davantage qu’une nouvelle ligne de transports publics. Il transformera l’espace public, rapprochera les quartiers, facilitera les correspondances et redessinera notre manière d’habiter et de parcourir la ville.
S’il constitue un projet de territoire, le tram est une pièce d’un ensemble beaucoup plus vaste. Car la mobilité vaudoise forme un système qui repose sur le RER Vaud, colonne vertébrale ferroviaire du canton, sur les trains régionaux et les réseaux de bus, sur les métros, le développement des interfaces, mais également sur nos routes, nos infrastructures cyclables et nos cheminements piétonniers. Chacun de ces éléments répond à des réalités territoriales et à des besoins différents.
C’est précisément le sens de la stratégie cantonale de mobilité multimodale à l’horizon 2050 adoptée par le Conseil d’État : ne plus penser séparément la route, le rail, les transports publics, la marche ou le vélo, mais organiser leur complémentarité. Il ne s’agit pas d’opposer les modes de transport. Il s’agit de proposer le bon mode, au bon endroit, pour le bon besoin. Cette vision est indispensable dans un canton qui grandit et dont les besoins de mobilité continueront d’augmenter. Elle l’est tout autant face au défi climatique. Nous devons offrir des alternatives crédibles, simples et efficaces au trafic motorisé. Et là où la voiture demeure nécessaire, nous devons mieux l’articuler avec le reste du réseau. Le tram incarne parfaitement cette ambition. Il ne remplace ni le train, ni le métro, ni le bus. Il les relie et les complète.
« La mobilité vaudoise ne se résume pas à un projet,
à un mode de transport ou à une région. Elle forme
un système. »
Après le temps des plans et des chantiers viendra bientôt celui des voyageurs. Et peut-être est-ce finalement le meilleur symbole d’une politique de mobilité réussie : lorsque les infrastructures disparaissent derrière leur usage et que se déplacer devient simplement un acte du quotidien.
Nuria Gorrite
Conseillère d’État
Cheffe du Département des institutions, de la culture,
des infrastructures et des ressources humaines


